Le Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIE) procède à l’indemnisation des victimes des dégâts causés par certaines espèces animales sauvages, dans les régions du Guiriko, du Djrôrô, du Nando, du Nazinon, des Tannounyan, du Nakambé et du Bankui. Il s’agit, en tout, de 256 chèques qui seront remis aux victimes.
En effet, selon le décret N°2016-111/PRES/PM/MEEVCC/MATDSI portant conditions et modalités de réparation des dégâts causés par certaines espèces animales sauvages au Burkina Faso, le FIE est la structure étatique chargée de la mise en œuvre dudit décret.

Ainsi, ce jeudi 21 mai 2026, le Directeur Général (DG) du FIE, Sondé Dit Boureima TRAORE a procédé à la remise officielle et symbolique des chèques des victimes dans la région des Tannounyan.
Avant tout, le DG du FIE a exprimé sa profonde gratitude aux plus hautes autorités du pays, « particulièrement au Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORE, dont la vision patriotique place la souveraineté nationale, la justice sociale, la résilience des populations et le développement endogène au cœur de l’action publique. Cette vision trouve une traduction concrète dans les efforts constants consentis par le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et Halieutique (MAERAH), sous le leadership du Camarade Ministre d’État, le Commandant Ismaël SOMBIE qui œuvre, sans relâche, pour une gestion durable de nos ressources naturelles, tout en garantissant la protection des populations riveraines des zones à forte pression faunique ».

Il a souligné que l’activité n’est ni une simple formalité administrative, ni un simple geste symbolique. « Elle constitue l’expression concrète de la solidarité nationale et de la présence effective de l’État auprès des populations affectées. À travers les dispositions du Code forestier et les mécanismes opérationnels mis en place par l’État burkinabè, notamment le guichet du FIE dédié à la gestion des risques et catastrophes naturelles, notre pays a fait le choix clair de ne jamais abandonner ses producteurs face aux difficultés. En effet, les dégâts causés par certaines espèces animales sauvages sur les cultures constituent une réalité douloureuse pour de nombreuses familles rurales. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte national marqué par la volonté affirmée de notre pays de renforcer sa souveraineté alimentaire à travers l’Offensive Agropastorale et Halieutique (OAPH). Cette offensive nationale appelle chaque Burkinabè à produire davantage, à sécuriser les exploitations agricoles et à contribuer à l’autosuffisance alimentaire de notre nation ».
S’exprimant sur le choix de Banfora pour l’organisation de la cérémonie de remise des chèques, M. TRAORE a souligné que « la région des Tannounyan enregistre, à elle seule, 83 bénéficiaires, soit le nombre le plus élevé de victimes concernées dans cette campagne d’indemnisation. C’est précisément cette réalité qui a motivé le choix de Banfora pour accueillir cette cérémonie symbolique. À travers ces 83 chèques, ce sont 83 familles qui retrouvent un peu d’espoir, un peu de réconfort et surtout la preuve tangible que la Nation reste à leurs côtés ».
Faisant le rappel, Sondé Dit Boureima TRAORE a indiqué que de 2016 à 2024, ce sont plus de 1 400 victimes qui ont été recensées et indemnisées sur l’ensemble du territoire national, pour un montant global de plus de 525 millions de francs CFA. Ces chiffres traduisent l’engagement constant de l’État burkinabè à accompagner les populations affectées et à restaurer l’espoir là où les difficultés frappent durement.

M. TRAORE a noté que le FIE entend renforcer ses interventions sur le terrain. Il a ainsi invité les communautés villageoises à renforcer, elles aussi, les initiatives locales de protection des cultures : surveillance communautaire, dispositifs d’alerte adaptés, barrières physiques et promotion de cultures moins attractives pour certaines espèces animales.
Le Directeur régional des Eaux et Forêts des Tannounyan, Issouf TRAORE a, quant – à lui, souhaité la bienvenue à tous les acteurs, avant de souligner que la préservation « de notre biodiversité et la sécurité des populations constituent deux impératifs indissociables. C’est ensemble que nous relèverons le défi d’une gouvernance éco-responsable de nos ressources naturelles, afin de garantir un héritage viable aux générations présentes et futures ».
Le représentant des bénéficiaires, Siaka TRAORE, a traduit leurs reconnaissances aux plus hautes autorités du pays. « Ce geste nous réconforte et nous rassure que nous n’avons pas été oublié par nos autorités », a-t-il relevé.
Le décret N°2016-111/PRES/PM/MEEVCC/MATDSI portant conditions et modalités de réparation des dégâts causés par certaines espèces animales sauvages au Burkina Faso dispose, à son article 7, que la réparation des dommages consiste pour l’Etat à verser, en espèces, une indemnisation compensatrice des pertes subies par la victime, sur la base d’une évaluation faite par la Commission de réparation mise en place par le chef de circonscription administrative le plus proche.
L’indemnisation des victimes se fait donc selon un processus rigoureux décrit dans le chapitre III dudit décret et se déclenche depuis la déclaration de la commission des dégâts par la victime auprès des services techniques de la faune, l’évaluation par une commission mise en place par le ministre en charge de l’Administration territoriale et celui de la faune, le tout encadré de délai.
En cas d’accord, le procès-verbal d’évaluation, joint au dossier, est transmise par la commission d’évaluation au ministère en charge de la faune qui saisit le Comité thématique en charge des réparations du FIE, à travers son Conseil d’administration qui statue, en dernier ressort, dans un délai de deux mois.
L’article 12 du décret conclu que « l’indemnisation donne lieu à l’établissement du procès-verbal de règlement définitif du litige signé par la victime ou ses ayants droits, le Président du Comité Thématique et le Directeur général du FIE ».
DCRP/FIE